Proclamation officielle présidentielle 2020

Ivoiriennes, Ivoiriens, Mesdames et Messieurs,

La Côte d’Ivoire a fait le choix souverain de la démocratie comme mode de transmission du pouvoir aux gouvernants. Aucune transmission de pouvoir ne peut se faire en dehors de l’élection, c’est-à-dire l’organisation populaire du suffrage du peuple.

En application de ce principe et conformément aux dispositions constitutionnelles et du décret n°2020-633 du 19 août 2020 portant convocation du Corps électoral, le 31 octobre 2020, 7 495 082 de nos compatriotes étaient appelés à exercer, en toute responsabilité, leur droit civique, dans le cadre de l’élection du Président de la République.

Rendez-vous important et défi majeur pour la construction de la démocratie dans notre pays.

Cette élection du Président de la République était attendue autant par la communauté nationale que par la communauté internationale.

Ce 31 octobre était, pour tous, l’aboutissement de nombreux efforts consentis.

C’est pourquoi, je voudrais remercier le gouvernement pour les moyens conséquents mis à la disposition de la Commission Electorale Indépendante en donnant un sens à notre autonomie financière.

Je veux également témoigner ma sincère gratitude à la communauté internationale, notamment, au Système des Nations-Unies qui, à travers le PNUD, a accompagné techniquement et financièrement la Commission Electorale Indépendante. Je n’oublie pas les pays amis de la Côte d’Ivoire ainsi que les autres Organisations internationales, notamment l’Union Africaine, l’Organisation Internationale de la Francophonie, la CEDEAO, la CEN-SAD, le Conseil de l’Entente, pour leur appui multiforme.

Grâce aux efforts conjugués de tous, la Commission Electorale Indépendante a réussi un devoir républicain, une exigence constitutionnelle, celle d’organiser l’élection du Président de la République, conformément à l’alinéa 2 de l’article 56 de la Constitution.

A l’appel du devoir, ventre à terre, coude au corps, talon aux fesses, genou poitrine, nous pensons avoir répondu présents.

La Commission Electorale Indépendante a effectivement répondu présent en mettant tout en œuvre, pour que chacun de nos compatriotes qui le souhaitait prenne part librement au vote.

Au terme des opérations de vote, nous avons constaté que, globalement, le vote s’est bien passé.

De l’avis de tous, les électeurs qui se sont rendus dans les urnes, ont voté dans l’ordre et la discipline démontrant, ainsi, que notre pays a gravi un échelon supplémentaire dans l’appropriation des vertus de la démocratie et du caractère sacré de la voix du peuple.

Malheureusement, certains électeurs n’ont pu voter en dépit de leur volonté de le faire, en raison des actes de violence observés dans certains départements. Des actes ayant entrainé des pertes en vies humaines, des destructions de locaux de la Commission Electorale Indépendante, des saccages de matériel électoral, de biens publics et privés.

Je déplore et condamne fermement ces violences incompréhensibles.

Je voudrais m’incliner devant la mémoire des disparus, souhaiter prompt rétablissement aux blessés, adresser ma compassion émue aux personnes ayant perdu des parents ou proches.

Je voudrais, par ailleurs, saluer le courage des Commissaires centraux, locaux et tout le personnel de la Commission Electorale Indépendante, ainsi que les agents électoraux, pour le travail remarquable abattu.

Je tiens à louer le sang-froid exceptionnel dont les forces de sécurité ont fait preuve, le courage et les initiatives heureuses prises par le corps préfectoral à l’effet d’apaiser les tensions et de permettre, dans certains cas, le déroulement ou la poursuite du processus électoral dans les zones affectées.

Mes remerciements vont à l’endroit des organes de presse, nationaux et internationaux, qui auront été des relais efficaces et importants d’information et de sensibilisation de nos populations.

Au moment où ce bilan est établi, deux sentiments contrastés m’habitent, un sentiment de peine mais aussi et surtout un sentiment d’espoir.

Ma peine se nourrit de l’impossibilité dans laquelle ont été mis certains Ivoiriens de prendre part au vote du fait des violences ci- dessus décrites, au mépris de la Constitution qui dispose que « le suffrage est universel et libre ».

Voter ou ne pas voter est un droit. Cette faculté constitue l’essence même du droit qui se résume à faire ou à ne pas faire. Mais quand on empêche autrui de faire ou de ne pas faire, on n’est plus dans le droit. Et là où il n’y a pas le droit, il n’y a pas la règle. Et là où il n’y a pas la règle, il y a le désordre. Et le désordre est le terreau fertile de toute calamité.

Heureusement que ma peine s’évanouit dans l’espoir.

Ma joie vient de ce que les Ivoiriens, dans leur grande majorité, ont exprimé leur volonté de recourir au vote pour choisir leur futur Président. En témoignent les longues files devant les bureaux de vote depuis le lever jusqu’au coucher du jour.

Cette façon de faire est la meilleure, parce conforme à la Constitution qui prescrit que le pouvoir appartient au peuple et le peuple transmet son pouvoir à ses gouvernants par le biais de l’élection.

C’est cette élection que la Commission Electorale Indépendante a organisée le 31 octobre 2020. Elle est donc fondée à proclamer, solennellement, ce jour, les résultats provisoires de l’élection du Président de la République du 31 octobre 2020, comme il suit :

 

Bureaux de vote qui ont pu être ouverts :  17 601

Population électorale correspondante : 6 066 441

Votants : 3 269 813

Bulletins nuls :      53 894,           soit  1,66%

Bulletins blancs : 35 099,           soit  1,09%

Suffrages exprimés : 3 215 909 Taux de participation : 53,90 %

Ont obtenu :

ALASSANE OUATTARA : 3 031 483 voix     soit  94,27 %

AFFI N’GUESSAN Pascal : 31 986 voix soit 0,99%

BEDIE Konan AIME HENRI : 53 330 voix soit 1,66%

KOUADIO KONAN BERTIN : 64 011 voix soit 1,99%

 

Est  donc élu Président de la République, Monsieur ALASSANE OUATTARA.

 Conformément à l’article 59 du Code électoral, la Commission Electorale Indépendante transmettra, au Conseil Constitutionnel, un exemplaire des procès-verbaux de dépouillement, accompagné des pièces justificatives dans les trois jours qui suivent, à charge pour cette Institution de proclamer le résultat définitif.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !

Je vous remercie.